LLL Aujourd'hui #5 – Maternité par l'allaitement, ça fait toute la différence ! 

Mon intention n’est pas de poser la relation que j’entretiens avec mes enfants comme la norme de la relation mère-enfant, mais plutôt de témoigner de ce qui a le mieux fonctionné pour nous. Néanmoins, je reste fermement convaincu que c'est par l'allaitement que les petits de notre espèce doivent être maternés. En effet, je ne vois pas l'allaitement simplement comme une façon de nourrir les petits mammifères que sont nos bébés. L’allaitement est bien plus que cela. C'est un art et une manière de vivre ma relation avec mon enfant. L'allaitement apporte proximité et immédiateté entre notre corps et notre âme. Cette connexion est instinctive. C'est cette connexion qui signifie que je sais avec certitude ce dont mon bébé a besoin. Il n'y a pas besoin de réfléchir, pas besoin de calculer, pas besoin de réfléchir, il suffit de mettre mon enfant au sein.

On lit souvent que le lait maternel est le meilleur pour l'enfant. Mais il me semble qu’il s’agit d’une façon limitée de voir les choses, réduisant l’allaitement au transfert du lait du sein au nourrisson. Il me semble qu’il faudrait plutôt dire que l’allaitement est ce qu’attendent les bébés humains. Je n'ai pas pu allaiter jusqu'à ce que je comprenne que l'allaitement est bien plus que du lait.

Mes deux enfants plus âgés ont été allaités respectivement pendant un mois et six semaines. C’était vraiment une tentative de donner du lait, sur le modèle de l’allaitement au biberon. Et ça n’a pas fonctionné très longtemps. Avec mon premier enfant, j'ai vécu ce que j'appelais des « troubles de l'attachement » ou des « difficultés maternelles » : me sentir triste en m'occupant de mon bébé, avoir le sentiment que mon bébé ne m'aimait pas… Ma mère me disait que cette impression que mon bébé et moi avions des difficultés à nous attacher était imaginaire car, disait-elle, « un enfant est forcément attaché à sa mère ». C'est vrai, peut-être, mais de quelle manière ? Mon deuxième enfant, malgré une courte période d'allaitement, a bénéficié d'une plus grande proximité physique (cododo, portage), ce qui a contribué à une relation beaucoup plus satisfaisante et gratifiante. Pour la première fois, je me sentais reconnue comme mère. Lorsque mon troisième enfant est né, j'ai pu l'allaiter malgré nos premières difficultés. Mon allaitement est passé d’une manière de nourrir à une manière de materner. Pendant longtemps, l’allaitement a été le principal moyen de communication entre moi et mon bébé, si simple, si pratique, si naturel, si puissant, si efficace.

Ma relation avec mes futurs enfants est très différente. D’abord parce qu’elles ont été allaitées intensément pendant bien plus longtemps que les premières. Deuxièmement, parce que nous entretenons une relation physique, peau à peau et corps à corps beaucoup plus longue. Enfin parce que, même en grandissant, ils me semblent plus proches et notre communication semble plus instinctive. Avec eux, j’ai agi comme mon instinct me le disait. J'ai fait confiance à mon instinct. Et je pense que l'instinct est un bon guide. L'allaitement a amplifié mes instincts maternels. Plus à l'écoute de ma petite voix intérieure, je suis devenue plus réceptive, plus connectée aux demandes et aux besoins de mes bébés allaités.

Mais cerise sur le gâteau, cette manière de materner a également affecté mes relations avec mes enfants moins allaités, et même avec les autres membres de ma famille. Je suis également devenu plus attentif aux autres. D’une certaine manière, tout le monde autour de moi a bénéficié du maternage grâce à l’allaitement. Être mère grâce à l'allaitement a totalement changé ma vie et ma relation avec les autres. Cela m’a permis de guérir tant de blessures. Alors oui, je peux confirmer que ça a tout changé pour moi, pour nous.

Note de l'éditeur : L'un des dix concepts qui expriment la philosophie de LLL est : « La maternité par l'allaitement est la manière la plus naturelle et la plus efficace de comprendre et de satisfaire les besoins du bébé. »


Dinah, France